Dernier village avant le col du Larkya La, sur la route historique du sel entre le Népal et le Tibet
Samdo a été fondé à la fin des années 50 par des familles tibétaines fuyant l’invasion de leur pays. Ces réfugiés ont franchi les cols pour s’installer dans cette haute vallée, alors déserte. Ils y ont recréé leur mode de vie, faisant de Samdo le dernier village avant le col du Larkya La, sur la route historique du sel entre le Népal et le Tibet.
Le village est construit en pierres sèches avec des toits de bardeaux de bois lestés de gros galets. La vie y est imprégnée de spiritualité bouddhiste, comme en témoignent les nombreux murs Mani (pierres gravées) et les Chortens qui entourent les habitations.
Chaque hiver, la rudesse du climat impose une transhumance : une partie des villageois descend s’abriter plus bas dans la vallée, vers Lho ou Namrung, avant de remonter au printemps pour la culture de l’orge et l’élevage des yaks.
La Maison des Femmes, construite par l’association, est un lieu central du village. C’est ici que les mères de famille se retrouvent pour tisser la laine de yak et de mouton sur des métiers traditionnels. Ce travail permet de maintenir un savoir-faire ancien et assure une ressource indispensable pour les familles.
Chaque année en mai et juin, le village se vide pour la récolte du Yersa Gumba (Cordyceps), un précieux champignon médicinal qui pousse à plus de 5 000 m d’altitude. Hommes, femmes et enfants montent bivouaquer sous tente dans des conditions rudimentaires, se nourrissant presque exclusivement de pommes de terre bouillies. Cette cueillette, extrêmement contrôlée entre les villages, constitue la ressource principale des familles pour l’année.
Le retour des beaux jours est marqué par trois jours de festivités traditionnelles. Le village vibre au son des sabots lors des courses de chevaux et au sifflement des flèches du concours de tir à l’arc. Selon la tradition tibétaine, chaque flèche doit atteindre sa cible pour chasser les mauvais augures. Les vainqueurs sont honorés par des écharpes blanches (Khatas) et des chants de louanges, entourés par toute la communauté.
De novembre à avril, Samdo est souvent coupé du monde par d’abondantes chutes de neige. Pour survivre à la rudesse du climat, une partie des 45 familles descend s’abriter vers Lho ou Namrung. Le retour au village pour la rentrée scolaire de février est un défi : il faut parfois porter les plus jeunes sur le dos à travers des congères de plus d’un mètre pour rejoindre les maisons de pierre.
Situé à seulement 8 km de la frontière, Samdo est l’ultime étape avant le col de Lajyung (4 998 m). Cette proximité géographique explique la préservation exceptionnelle de la culture tibétaine du village. Ici, le commerce avec le Tibet reste une réalité quotidienne et le village demeure un gardien de l’histoire de la route du sel.
Soutenir l'école pour que les enfants grandissent auprès de leurs parents.
Assurer un accès aux soins et aux médicaments essentiels en altitude.
Améliorer le quotidien avec les serres agricoles et les panneaux solaires.